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17.03.2008

La sclérose en plaques, par François de Québec (début)

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« Bonjour,

Je crois que tout a commencé lorsque j'ai fait de l'oeil à ce Windows 3.1® que mon professeur d'informatique projetait sur une grande toile blanche installée en avant de la classe. Moi qui jusque-là n'avais pianoté que sur des claviers Mac (Apple®), les petits clins d'oeil que je lui jetais de mon siège et qui étaient loin de la connivence avec la bête me firent réaliser deux choses : de mon oeil gauche, Windows® c'était moche, du droit, c'était moche et flou, même avec des lunettes. Rendez-vous alors chez l'ophtalmologiste pour corriger cette vue.

Une semaine plus tard, l'homme qui regarde au fond de mes yeux me dit :
- Je ne vois rien. Vous devriez prendre rendez-vous avec mon collègue d'une autre clinique dont je vais vous donner les coordonnées.
Un ophtalmologiste qui ne voit rien... C'était tout de même inquiétant !

Deux semaines plus tard, l'homme en blouse blanche qui regarde au fond de mes yeux me dit :
- Je ne vois rien. Prenez rendez-vous avec moi à l'hôpital. Nous approfondirons l'examen.

Quelques semaines s'étant écoulées, la même blouse blanche regarde encore au fond de mes yeux et me dit ensuite :
- Je ne vois rien et je crois que vous faites une névrite optique ou si vous préférez, une inflammation du nerf optique. Il se peut aussi que ce soit la sclérose en plaques.
- La quoi ?, que je demande.
- Je vous propose de vous hospitaliser trois jours pour des injections intraveineuses de cortisone qui feront disparaître l'inflammation. Vous prendrez aussi rendez-vous pour un examen de résonance magnétique.

De retour à la maison, je consulte Robert® pour savoir ce qu'est cette sclérose : « maladie chronique lente du système nerveux central entraînant une paralysie progressive, au cours de laquelle la myéline est détruite et remplacée par du tissu cicatriciel... » Je m'inquiète, mais je n'ai pas le temps. Nous sommes au mois de mars et le rendez-vous pour la résonance magnétique est en juin. Entre-temps, qui dit mars, dit dernier droit de la session universitaire. Les travaux s'accumulent, je milite au sein d'une association pour le développement du transport en commun à Québec, je cherche un boulot pour l'été, mais surtout, je prépare un projet important : depuis quelques mois, j'ai commencé des démarches en vue d'aller étudier une année à Prague, une ville dont je suis tombé amoureux deux années plus tôt. Il y a beaucoup à faire : compléter l'inscription à l'Université Charles, faire un budget en m'assurant de la contribution de papa et maman, convaincre le ministère de l'Éducation du Québec de m'accorder des prêts et bourses et au mois de juin qui approche à grands pas, aller au consulat de la République tchèque à Montréal et y remplir les formulaires pour que je puisse obtenir le visa d'étude. Bref, de la paperasse et plusieurs échanges postaux pour préparer mon départ.

Toutefois, je me plie au souhait du médecin de m'incarcérer à l'hôpital et petite valise sous le bras, je quitte le foyer pour aller offrir mon bras aux infirmières qui me feront des injections intensives de cortisone pour soigner cet oeil droit, qui après deux nuits trois jours, retrouva une bonne acuité visuelle. Voilà une bonne nouvelle.

Arrive juin et son été prochain. En pleine forme, je ne vois pas l'utilité de cette résonance magnétique et hop, j'annule le rendez-vous. Je vais très bien et les parfums de l'été accompagnent mes multiples démarches en vue de mon départ à la fin du mois d'août. J'ai même acheté mon billet d'avion : Montréal - Paris, pour y voir quelques connaissances, ensuite je prendrai l'autocar jusqu'à Prague.

La suite demain...


Par François, 35 ans, diagnostic à l'âge de 22 ans, août 1995.
Ville de Québec, Québec.

Commentaires

Bonjour
comme le disent les médecins:
"dans la névrite optique, le patient ne voit rien mais le médecin non plus!"
bon courage
p@t

Ecrit par : Pat la Fourmi | 17.03.2008

Encore un diagnostic jeune...
J'aime bien: "Un ophtalmologiste qui ne voit rien... C'était tout de même inquiétant ! " LOL!
(Pareil, j'ai donc passé une IRM récemment.)

13 ans de maladie. Déjà un "vieux routier" de la SEP lol! (j'en suis à pratiquement 10). Je suivrai avec plaisir et intérêt la suite du récit! En tout cas, on n'a pas hésité à te confronter de suite avec l'hypothèse et le terme de "sclérose en plaques"! Au Québec, on est beaucoup plus décomplexé je crois, la maladie est mieux connue et il y a de nombreux enfants atteints (il y a même un centre de vacances pour enfants SEPiens, j'avais blogué un article sur le sujet.) Le site canadien est très bien fait et j'ai souvent orienté mes lecteurs vers celui-ci, Arnaud aussi d'ailleurs!

François, tu vas nous apporter un éclairage d'autant plus intéressant qu'il vient d'un autre pays francophone. @mitiés SEPiennes

Ecrit par : Handi@dy | 17.03.2008

Tout d'abord, je voudrais remercier Arnaud d'offrir cette tribune pour apporter notre témoignage. Merci mon cher !

Ensuite, mes meilleures salutations à Pat et Handi@dy. Et pour répondre à Handi@dy, il y a bien sûr eu le choc de la nouvelle -- vous le constaterez dans la suite de mon témoignage -- et je dois avouer avoir été très bien entouré par les professionnels de la santé, qui ont su immédiatement me calmer, mais dire les vraies choses et mettre les bons mots.

Ecrit par : Francois | 17.03.2008

Je suis la soeurette de François et je suis heureuse qu'il témoigne sur ce site. Je suis certaine que son témoignage pourra en aider quelques-uns. De plus, sa prose est vraiment agréable à lire... C'est bien d'avoir un grand frère courageux...

Ecrit par : Julie | 18.03.2008

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