07.04.2007

La foule des gens pressés

medium_nancy.jpg

"La foule des gens pressés, des anonymes qui marchent, qui courent, qui regardent sans voir, combien parmi eux souffrent, combien parmi eux sont aveugles, une foule d’anonymes qui se croisent dans les rues, qui se croisent dans nos vies, indifférents ? Errant ? Combien d’anonymes sous calmant, combien sous cortisone ? Combien en forme ? Combien s’en moquent ?
Je n’ai pas de sclérose en plaque, mais j’ai une amie atteinte par cette maladie, qui m’a parlé, qui m’a raconté sa tranche de vie… Combien marchent sans sentir leurs jambes ? Combien d’eux, de nous, s’en moquent ?
Depuis, je me demande, je m’interroge, combien sont ils ? Sont ils comme elle et remontent la foule en souriant, car aujourd’hui, ils n’ont que mal ?
Combien se sentent fou, combien sont malheureux, combien sont heureux ? Combien sont-ils à savoir ce qu’est une sep ? Combien… Combien…
Les « combiens » ne servent à rien, le nombre n’est rien, la souffrance, l’absence de sensations est ce qui compte, une épée qui plane au-dessus de vos têtes dans l’indifférence générale.
Lorsque je vois mon amie, les yeux perdus, qui ne sait pas si elle est là réellement, ou si c’est un mauvais songe qui emplit son esprit. Lorsque je vois son sourire s’évanouir de ses lèvres car elle se sent seule, car elle est seule dans une vie qui ne lui appartient plus, je me demande combien de combien il faudra pour que les choses changent, évoluent. Combien il en faudra pour vous faire sentir partie intégrante de la foule. Combien il en faudra pour redonner de l’humanité à cette foule ?
La foule, cet agglomérat d’individus qui croisent nos vies, qui ne se soucient pas de vos yeux tristes et perdus, de vos nuits mouvementés, de ce songe cauchemardesque qu’est devenu votre vie.
Cette foule qui emporte tout… Sauf la solitude."

X.