19.01.2009
SEP, harcèlement, discrimination et cie

Bonjour,
Comme vous j’ai une sclérose en plaques, et je me bats chaque jour pour vivre le mieux possible, le plus normalement possible.
Je vais vous raconter mon histoire, pour vous dire de faire attention, et aussi comme mini-psychothérapie, car je suis vraiment mal dans ma tête et dans mon corps à cause de ce qui m’arrive.
Je travaille, depuis toujours, juste du passer en invalidité 1 que j’essaie d’utiliser le moins possible pour me sortir la tête de l’eau et aussi, il faut le dire, payer mes factures car je vis seule.
Tout se passait bien jusqu’à juin dernier. J’avais un super patron, à qui j’avais dit la vérité sur ma santé. Cela avait été bénéfique pour nous deux, car mon aménagement de temps de travail me permettait de ne pas être là quand j’étais mal et de rattraper le retard quand j’allais mieux… Bref, ce qu’il faut pour notre maladie.
Puis, des fous furieux se sont réveillés à la tête de mon entreprise… Mon directeur a été licencié sur des prétextes fallacieux, et tous ceux qui s’entendaient bien avec lui ont commencé à être harcelés, suivis, pistés jusque dans leur ordinateur, leurs mails et leur travail.
J’en fais partie. Pourtant, je n’ai rien demandé, ni rien fait de mal, encore moins mal travaillé. J’ai donc vécu dans cette ambiance, dans le stress, dans l’angoisse du prochain harcèlement, de la prochaine phrase odieuse, cachée derrière un sourire jouissif de mon bourreau.
Cela a été de pire en pire, avec cette fois-ci, l’utilisation de ma sep pour me faire du mal. On me demandait des choses pas possibles au dernier moment, avec des escaliers à monter toute la journée, ce qui bien sur, a fait beaucoup de mal à mon corps.
Puis, ils m’ont changé de site de travail pour m’isoler et mieux s’attaquer à moi. On m’a laissé monter mon matériel (lourd, très lourd) toute seule, aïe ! Personne ne me parle correctement, on suit mes moindres faits et gestes. Tout est prétexte à me faire des remarques dévalorisantes, culpabilisantes et qui détruisent jour après jour.
Puis, le coup de grâce est venu… Un rdv avec ladite personne, un jour où comme par hasard j’ai dit être mal. Tout y est passé, violation de ma vie privée, rigolade sur mes incapacités qu’il juge fausse, interdiction de parler aux gens de mon ancien site de travail, interdiction d’écouter de la musique en travaillant (c’est une habitude qui me détend et me permet de tenir le coup), et là tous mes horaires individualisés se sont envolés et même le médecin du travail s’est fait molesté.
Reproches sur ma manière de m’intégrer, alors que j’arrivais toute souriante pour me faire parler comme à un chien pour tous les salariés…
J’ai appris par la même occasion que mes conversations téléphoniques étaient écoutées, et que chaque sortie, que ce soit pour aller aux wc ou fumer une clope, était surveillée. Interdiction de répondre à mon téléphone portable alors que je m’en sers aussi pour le boulot.
Et là, j’ai lâché, car je n’en pouvais plus et cette violation de ma vie, de mon être a été beaucoup trop violente. Je me suis sentie comme violée, comme une moins que rien… Je n’arrêtais pas de pleurer, du tréfonds de moi, comme s’ils avaient pénétré mon corps et n’en sortais pas, avaient violé ce qui m’est le plus intime. L’horreur, je ne trouve pas de mot qui reflète ce que je ressens encore aujourd’hui.
Je suis donc allée chez le médecin, pleurant sans cesse, dans l’incompréhension totale de cette violence perverse. Il m’a mis sans hésiter en arrêt pour dépression, voyant que je n’étais plus que l’ombre de moi-même.
Tous les sentiments sont passés en moi, culpabilité, incompréhension, méfiance envers tout le monde, peur de sortir, de me regarder dans la glace… La Peur, la vraie, sans pouvoir dire exactement de quoi.
Oui, j’ai peur, et je suis révoltée. Non seulement j’ai été harcelée sur ma vie privée et ma sep, mais, en plus, cela a des répercussions sur ma santé, qui, pour le coup, s’est largement dégradée.
Je suis triste, triste sans fin, je veux quitter ce travail coute que coute, je ne peux pas vivre ainsi. D’ailleurs, qui le pourrait ?? Ma peine est sans fond. J’essaie jour après jour de me reconstruire, de trouver comment me défendre, sans preuve car le harceleur ne fait ses remarques inhumaine par oral, donc pas de preuve… Et je repleure…
J’allais un peu mieux quand, par coïncidence, je me suis rendue compte que ce harceleur m’espionnait jusque dans des sites de discussions sur internet… Et là ce fut la prise de conscience de l’ignominie de cet homme.
Je me suis renseignée auprès d’une amie psychologue, qui m’a parlé de « pervers narcissique », j’ai fait des recherches et oui, c'est bien cela. Ils sont vides et veulent écraser pour régner, prendre la substance de l’autre car ces gens n’en ont pas. Ils s’attaquent à des personnes joviales, joyeuses… Voilà donc le prix pour vivre bien malgré sa sep !!! C’est honteux, lâche, pourri, dégueulasse, pervers et cette personne est un monstre, pas un être humain.
Aujourd’hui, je vais devoir aller consulter un psy, alors que je vivais bien. Je suis détruite de l’intérieur à cause d’un ignoble con, qui s’attaque à la faiblesse de l’autre, en jouissant en plus !! J’arrive enfin à fermer les yeux et ne pas voir son image, mais je me sens encore étripée, hantée par son ombre. Je dors mal, je n’arrive pas à manger, à bouger, pétrie par la peur.
Mais je vais réagir et ne pas me laisser faire, je le sais, même si je suis si mal. Ces comportements doivent être punis et j’avoue que la violence est dans mon esprit, moi qui suis plutôt « peace and love ».
Voila mon histoire, certains d’entre vous s’y reconnaitrons et j’espère que cela vous permettra de faire attention et de réagir, réagir contre ces gens. On ne doit pas se laisser faire, et laisser ces gens foutre en l’air notre santé psy comme physique.
Enfin, je vous promets de me battre et de faire payer cela au harceler en chef, je m’en fais une obligation, car personne n’a le droit de me, de nous traiter de cette manière. On devrait susciter l’admiration pour notre combat quotidien. Plus jamais, je vous le promets, plus jamais.
Par une sep détruite, mais combattive.

09:08 Publié dans 03 - Quand on témoigne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : sclérose en plaques, ms, multiple skerose, multiple sclerosis, notre sclérose, harcèlement |
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