06.10.2007
Sclérose en plaques, les pensées de Gaëlle
L'association Notre Sclérose a décidé de rediffuser des anciens témoignages pour les nouveaux arrivants sur le blog.

J’attends
J’attends que ça vienne, j’attends que ça passe, j’attends que ça casse
J’attends d’y croire, pour enfin y décroire, ultime chimère des lâches
J’attends que tu n’aies plus peur, pour enfin y trouver un intérêt
J’attends par vice, le luxe de se donner envie de ne plus y penser
Tu as peur, tu ne peux pas, enfermes-toi dans ton leurre
Qui embrume tes yeux, glace tes mains, enneige ton cœur
La vérité de ton intolérance, la chaleur de tes pitoyables certitudes
Regarde-la en face, pourquoi ne trépasserais-tu pas dans la solitude ?
Tu gémis, tu râles, tu souffres, mais as-tu vraiment mal pour autant ?
Donne une image réconfortante, comble une vie sans souffrance
Aux rêves éperdus, aux espoirs non partagés, maintenant il est temps !
Ton ignorance les fait saigner, et tu cherches ton salut dans la constance…
Ces mains sur mon visage m’empêchent de crier
Ne pas s’y attacher, toujours résister, encore un effort
Quand l’ouragan dévastera tout entier l’horizon de mon corps
Seule ma voix restera présente pour me bercer, me rassurer
Qui osera écouter, se redresser sans se détourner
De ce qu’il ne saurait pas vraiment supporter
Certains le doivent, lever les yeux ou s’écrouler
La prétention, un jour de pouvoir s’envoler
Il a su, un instant, panser cette blessure qui ne saigne plus
Mais qui me ronge secrètement, préservant votre regard inquiet
Un jour indifférent, un autre terrorisé, puis un dernier perdu
Je ne sais comment vous parler, comprenez ce qui a changé
Le monde vacille, le vide se fait, sournoisement, sans aucun bruit
Touchez-moi s’il vous plait, pour que je sache que je suis encore ici
Une main, un souffle, un regard, un rempart contre l’oubli
Un battement de cœur pour que mes sens à nouveau reprennent vie
À chaque départ, jamais rien je n’oublie, du soleil à la brise silencieuse
Que ton déni fait se lever au creux de ma conscience peinée
Sache que mes bonheurs ne sont plus cachés, chaque seconde brille, merveilleuse
Alors que ton regard se creuse de honte, tes yeux se sont baissés
J’attends que ça vienne, plus de questions si ça passe
En réalité, je suis brisée, que veux-tu que cela me fasse ?
Ma tristesse est sans limites, mon espoir à nu sans défense
J’y crois pourtant avec pertinence, inconscience… Indécence
Par : Didierjean Gaëlle (sclérose en plaques depuis 2004).
18:30 Publié dans 18 - Quand la sclérose rend créatif | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : sclérose en plaques, témoignage, pensée |
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